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Epicurisme autour d’un dwich à la truffe

Julien Fournier

Je n’ai jamais eu vocation, comme vous le savez mes asticots, à dénicher des nouvelles adresses tel un guide amateur, avec des certitudes à toute heure. Je ne certifie rien, hormis vous narrer ma belle faim. Cette subjectivité itinérante me permet une liberté affirmée dans mes chroniques, et dans ce que je peux vous transmettre de plus ou moins iconique. Lorsqu’une taverne nourrissante ouvre ses portes, les courtisans seront toujours là pour exprimer leur bonheur, comme Dodo la Saumure devant une belle escorte. C’est ainsi, et c’est normal. Nous avons tous des préférences humaines, des individus que nous aimons pousser au firmament de l’excellence, même si la cuisine a plus ou moins de sens. Ce midi-là, il me fallait entrer dans un lieu où les promesses paraissaient aussi alléchantes que celles d’un politique fraîchement élu, avant de se faire hacher menu. Nous étions déjà treize heures trente, et je gargouillais expressivement.

Il y avait l’évidence que mon accueil serait amical et chaleureux, connaissant le couple de tenanciers depuis peu. Lui en cuisine, elle en salle, et moi assis sur une banquette confortable, adossé à des coussins de couleur automnale. Il faisait beau, mais j’estimais que gobichonner près des deux loustics me promettait un moment délicieusement authentique. S’intéresser à une assiette est une chose, s’émouvoir devant des sourires m’inspire la prose. La différence est notable, et me donne le droit de profiter de moult tables. D’ailleurs mes souriceaux, celle de mon déjeuner ne me tendait pas initialement les bras, n’étant pas une fabrique de lard mais potentiellement un lieu où peut rentrer l’art. L’adresse a du goût, de l’esthétisme, et des propositions gourmandes à la mode actuelle. Vous savez ce que je pense des tendances, elles ne m’intéressent que si elles m’amènent à la danse. Mazette, que vois-je passer sous mon tarin de petit homme affamé ? Une alléchante miche, dans laquelle la béchamel n’était pas un acte accidentel ! Et lorsque le popotier, aussi gentil qu’une pâte al dente, me divulguait que le pain était de mie… l’ami, je te dis oui.

En buvant mon thé glacé (Ne vous inquiétez pas, je n’ai ni vélo cargo, ni bonnet à porter au-dessus des oreilles), j’observais le joyeux balai qui faisait de cet endroit une bulle de gaieté. J’étais simplement bien, et je me languissais de mastiquer mon désir du jour. Ce dernier arrivait avec beaucoup de prestance, et de salade. La gredine m’avait sûrement confondu avec un lapin ou une tortue. Les problèmes de vue n’ont pas d’âge, et je lui pardonnais de suite cette négligence, dès lors que la première bouchée de mon sandwich arrivait dans mon bec sans indifférence. Les saveurs embaumaient mon intérieur, et mon palais était truffé de félicité. L’équilibre n’avait rien à envier à un circassien, et le plaisir était d’une franche coquinerie. Ma crainte résidait avant tout dans les quantités, couplées à la légèreté. Diable, que j’aime me tromper ! La générosité me rassasiait, et je préférais laisser quelques feuilles de verdure dans mon assiette afin de pouvoir, quelques heures après, copieusement dîner.

Ce mélange discrètement sucré-salé, grâce à l’étui de mon mets, restait une agréable surprise à becqueter. On m’avait vanté la qualité de ce jeune chef, humaine et professionnelle, ainsi que de sa compagne, sommelière et aimant les Kinder Country. L’ensemble est avéré, et la béchamel maison à la truffe s’embrasse avec volupté. Tiens, je vous ai parlé du Comté qui ne comptait pas pour des prunes ?

Merci pour ce moment.

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